Ecrit le 18 juin 2019 Par Clémence Régis-Fontaine - 314 Lectures


Assurance emprunteur : que font les banques pour retenir leurs clients ?

Même si les emprunteurs ont plus intérêt à contracter une assurance individuelle, beaucoup d’entre eux décident de rester fidèles à leur banque. Pour quelles raisons acceptent-ils de souscrire un contrat groupe alors qu’un contrat individuel signé dans le cadre d’un crédit immobilier coûte 10 fois moins cher ? Ces quelques paragraphes vous éclaireront !

Les nouvelles législations contournées par les banques

Encourager la concurrence afin que les couvertures soient plus avantageuses et ainsi, réduire le coût de l’assurance emprunteur, telle étaient les objectifs de Martial Bourquin, Christine Lagarde et Benoît Hamon. Ces derniers avaient chacun imposé des modifications réglementaires afin d’atteindre leurs buts.

Grâce à la loi Lagarde, le marché fermé de l’assurance de crédits immobiliers est devenu accessible aux opérateurs non bancaires. La loi Hamon a, quant à elle, donné aux emprunteurs la possibilité de mettre fin à leur contrat durant la première année suivant la signature. Martial Bourquin, de son côté, a fait en sorte que les emprunteurs soient en droit de changer d’assureur chaque année.

Si l’on effectue un petit calcul, une personne de 35 ans ne consommant pas de tabac et ayant un emploi stable peut faire de grandes économies en souscrivant une assurance individuelle. En effet, la différence entre le coût d’une offre proposée par une banque (0,40 % de la valeur du capital emprunté) et par un assureur concurrent (0,04%) est réellement considérable.

Malgré cela, les banques continuent de contrôler une grande partie du marché. En plus, seul un léger pourcentage d’emprunteurs a demandé à renégocier leur assurance emprunteur en 2018, selon Charles Berkovits (DGA de CBF, spécialisé dans la gestion d’assurance emprunteur).

Les banques ont plus d’un tour dans leur sac

Les nouvelles lois appliquées au marché de l’assurance emprunteur ont modifié le comportement des emprunteurs. Beaucoup se sont mis à négocier avec leur banque, mais, en réponse à ce changement de comportement, ces dernières ont adopté une stratégie bien étudiée qui se divise en plusieurs phases.

Lorsqu’un client demande à ce que son contrat soit révisé, sa banque baisse les frais d’assurance du contrat groupe de 20 à 30%. Cette tactique a été adoptée par de nombreuses enseignes telles que la Société Générale, BNP Paribas et même Crédit Agricole. Cependant, même avec une réduction de 25%, les formules proposées par les banques restent désavantageuses comparées aux offres des assureurs alternatifs. La deuxième phase se met alors en route.

Pour remédier au problème, elles proposent à leurs clients insatisfaits de signer avec leurs filiales. Les grands groupes bancaires ont, en effet, leurs propres sociétés d’assurance ou « captives ». La captive de Société Générale est Sogecap, celle de Crédit Agricole, Predica et celle de BNP Paribas, Cardif. Ce qui leur permet de faire une contre-proposition et de garder les emprunteurs voulant changer de type de contrat d’assurance.

Les banques gagnent de l’argent grâce à leurs concurrents

Quand l’application des deux procédures citées ci-dessus ne donne pas les résultats attendus, les banques acceptent de perdre leurs clients. Mais, sans pour autant se résoudre à laisser passer une occasion de gagner quelques sous. Concrètement, quand la contre-proposition d’une banque est encore trop chère pour son client, elle lui propose de considérer l’offre de deux ou trois concurrents. En faisant cela, la banque concernée devient apporteuse d’affaires et perçoit donc un pourcentage qui peut aller jusqu’à 20%. Par ailleurs, ce genre de référencement de services permet également aux banques de disposer d’une marge de manœuvre intéressante pour la promotion d’un service ou d’un produit bancaire.

Cette pratique est en train de gagner considérablement du terrain, car le transfert des dossiers est facilité par l’intervention d’intermédiaires tels que BPSIS ou CBP. De ce fait, les institutions telles que la Caisse d’Épargne ainsi que les Banques populaires s’y sont également mises. Et bientôt, Milleis Banque aura également établi des liens solides avec des acteurs non bancaires pour pouvoir recommander des contrats individuels.

Petite parenthèse, si vous recherchez des conseils pour mieux choisir votre banque en ligne, fiez-vous à ceux de Détective Banque !

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