Le retrait d’un stérilet, ou dispositif intra-utérin (DIU), est un acte médical courant réalisé en consultation par un médecin, une sage-femme ou un gynécologue. Dans la grande majorité des cas, le geste dure quelques minutes et ne nécessite ni incision ni anesthésie. Pourtant, certaines situations cliniques rendent le retrait plus complexe qu’attendu, et les complications – bien que rares – méritent d’être connues avant le rendez-vous.
Quand retirer un stérilet devient plus difficile que prévu
Le scénario habituel repose sur un fil visible au niveau du col de l’utérus, que le professionnel saisit pour extraire doucement le dispositif. Quand ce fil est absent ou non localisable, la procédure change de nature.
Des fils non visibles ne signifient pas automatiquement que le DIU a été expulsé ou qu’il a migré. Ils peuvent s’être rétractés dans le canal cervical ou dans la cavité utérine. Le professionnel recherche alors le dispositif, souvent par échographie, avant d’envisager un retrait instrumental. Cette étape préalable évite une tentative à l’aveugle qui augmenterait le risque de lésion.
Deux situations anatomiques compliquent davantage le retrait : l’enchâssement du DIU dans le myomètre (la paroi musculaire utérine) et la perforation, partielle ou complète. Dans ces cas, le retrait ne peut pas être réalisé en consultation simple – une prise en charge spécialisée, parfois chirurgicale, est nécessaire.
Risques de complication pendant et après le retrait du stérilet
Pour un retrait sans anomalie de position, les complications restent peu fréquentes. Les plus courantes sont une douleur pelvienne passagère au moment du geste et de légers saignements dans les heures qui suivent. Ces effets disparaissent rapidement et ne nécessitent pas de prise en charge particulière.
D’autres situations, moins fréquentes, méritent une attention médicale :
- Une douleur intense et persistante après le retrait, notamment si elle s’accompagne de fièvre, peut signaler une infection ou une lésion du col ou de l’utérus.
- Des saignements abondants ou prolongés, différents de simples règles, doivent être signalés rapidement au professionnel de santé.
- Un malaise vagal pendant le geste, plus fréquent chez certaines patientes, nécessite une pause et une surveillance sur place avant tout départ du cabinet.
Le risque infectieux reste limité dans un contexte de retrait sans complications préexistantes. En revanche, si une infection sexuellement transmissible non traitée est présente au moment du retrait, elle peut se propager à la cavité utérine.

La question du relais contraceptif : un risque souvent sous-estimé
Un aspect que les consultations n’abordent pas toujours avec suffisamment de précision concerne le délai entre le retrait du stérilet et la reprise d’une protection contraceptive efficace.
Un rapport non protégé dans les jours précédant le retrait peut exposer à un risque de grossesse. Les spermatozoïdes peuvent rester présents dans les voies génitales plusieurs jours après un rapport. Si aucun nouveau DIU n’est posé lors du même rendez-vous et qu’aucune autre méthode n’est déjà en place, la fenêtre entre le retrait et l’efficacité d’une nouvelle contraception représente une période de vulnérabilité réelle.
La pose d’un nouveau dispositif intra-utérin au cours du même rendez-vous est possible et évite toute interruption de couverture contraceptive. Pour les autres méthodes – pilule, patch, anneau – le délai avant efficacité complète varie selon le type et la date de début dans le cycle. Ce point mérite d’être planifié à l’avance avec le professionnel, pas abordé en sortant du cabinet.
Ce que le professionnel de santé évalue avant le retrait
Le rendez-vous ne commence pas par le geste lui-même. Un bilan préalable conditionne souvent la façon dont le retrait va se dérouler.
Le professionnel vérifie le motif du retrait, la durée de port du dispositif, les éventuels symptômes récents (douleurs, modifications des règles, signes d’infection) et le projet contraceptif de la patiente. Si des symptômes évoquant un déplacement ou une malposition sont présents, une échographie peut être demandée avant même de procéder.
Signaler toute douleur pelvienne récente, tout changement de règles ou tout signe d’infection avant le rendez-vous permet au professionnel d’anticiper et, si nécessaire, d’orienter vers une prise en charge adaptée plutôt que de tenter un retrait dans un contexte incertain.
Retrait d’un DIU enchâssé ou perforant : ce que la prise en charge implique
La malposition d’un DIU – enchâssement dans le myomètre, insertion basse, rotation ou perforation – constitue la complication la plus documentée sur le plan clinique. Elle peut survenir lors de la pose initiale, parfois sans signe immédiat, et n’être détectée qu’au moment du retrait.
Quand une perforation complète est confirmée (le dispositif est entièrement extériorisé de l’utérus), le retrait ne peut pas se faire en consultation. Une cœlioscopie – intervention chirurgicale mini-invasive – est alors nécessaire pour localiser et extraire le DIU. Cette situation reste exceptionnelle, mais elle implique une hospitalisation courte et un délai entre la découverte et l’intervention.
Pour un enchâssement partiel sans perforation, le retrait peut parfois être tenté en consultation avec des instruments spécifiques, mais le risque de lésion endométriale est réel. La décision dépend du degré d’enchâssement et de l’expérience du praticien – certains cas nécessitent un recours à l’hystéroscopie opératoire.
Récupération après le retrait : ce qui est normal, ce qui ne l’est pas
Dans les jours suivant un retrait sans complication, des crampes légères et de petits saignements sont fréquents. Le cycle menstruel reprend généralement selon son rythme naturel, qui peut différer de ce qu’il était sous stérilet hormonal – notamment si les règles avaient diminué ou disparu sous l’effet progestatif du dispositif.
Pour le stérilet au cuivre, la contraception hormonale n’était pas en jeu : le cycle reprend là où il en était, sans délai lié à un retour hormonal. Pour le stérilet hormonal (comme le DIU au lévonorgestrel), la durée avant retour des règles et rétablissement d’un cycle ovulatoire peut varier d’une femme à l’autre.
Les signes qui doivent conduire à une consultation sans attendre sont une fièvre apparaissant dans les jours suivant le retrait, des douleurs pelviennes intenses qui augmentent plutôt que de diminuer, ou des pertes inhabituelles avec odeur. Ces symptômes peuvent indiquer une infection utérine ou une complication liée au geste lui-même.
Le retrait d’un stérilet ne demande pas de préparation médicale complexe dans les cas habituels, mais anticiper le relais contraceptif et signaler tout antécédent symptomatique reste la façon la plus efficace de réduire les risques liés à ce geste.

