Six vaccins figurent désormais dans le calendrier vaccinal français pour les personnes de 65 ans et plus. Leur nombre a augmenté ces dernières années, avec l’ajout du VRS et l’actualisation des stratégies contre le pneumocoque et la grippe. Comparer ces vaccins entre eux, leurs cibles et leurs fenêtres d’administration permet de hiérarchiser les priorités selon l’âge et les pathologies chroniques.
Tableau comparatif des vaccins recommandés après 65 ans
| Vaccin | Population cible | Fréquence | Période d’administration |
|---|---|---|---|
| Grippe saisonnière | 65 ans et plus | Chaque automne | Octobre-novembre |
| Covid-19 | 65 ans et plus (dose supplémentaire au printemps pour les 80 ans et plus) | Annuelle + rappel printanier selon l’âge | Automne (+ printemps pour 80 ans et plus) |
| Zona | 65 ans et plus | Selon schéma vaccinal | Toute l’année |
| Pneumocoque | 65 ans et plus, en particulier avec comorbidités | Selon schéma vaccinal actualisé | Toute l’année |
| VRS (virus respiratoire syncytial) | 75 ans et plus, ou 65 ans et plus avec pathologie respiratoire ou cardiaque chronique | Dose unique selon les recommandations | Septembre à janvier |
| Diphtérie-tétanos-coqueluche (dTcaP) | Tous les adultes sans limite d’âge | Rappel tous les 10 ans | Toute l’année |
Ce tableau synthétise les données du calendrier vaccinal français et des recommandations de la HAS. Trois de ces six vaccins sont saisonniers, les trois autres s’administrent indépendamment de la période.
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Grippe et Covid-19 : des vaccins saisonniers aux formulations renforcées pour les seniors

Le vaccin antigrippal recommandé pour les 65 ans et plus n’est plus un vaccin standard. La France privilégie désormais un vaccin hautement dosé ou adjuvanté, avec Efluelda et Fluad cités explicitement par le ministère de la Santé. Cette préférence s’explique par l’immunosénescence : la réponse immunitaire aux vaccins décroît avec l’âge, ce qui nécessite des doses plus élevées d’antigènes ou l’ajout d’adjuvants.
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Pour le Covid-19, la campagne annuelle d’automne concerne toutes les personnes de 65 ans et plus. Les résidents d’EHPAD et les personnes de 80 ans et plus reçoivent une dose supplémentaire au printemps. Cette stratification par âge reflète un risque de forme grave nettement plus élevé dans cette tranche.
En revanche, la coïncidence calendaire de ces deux vaccins pose une question pratique : les deux peuvent être administrés le même jour, sur deux sites d’injection différents. Ce point, rarement mis en avant, simplifie le parcours vaccinal pour des patients qui consultent peu en dehors de l’automne.
Vaccination VRS après 65 ans : une fenêtre saisonnière et des profils prioritaires précis
Le virus respiratoire syncytial était jusqu’à récemment associé aux nourrissons. Son intégration dans le calendrier vaccinal des seniors est récente et repose sur des données de complications respiratoires sévères chez les personnes âgées.
La vaccination VRS cible les 75 ans et plus, ainsi que les 65 ans et plus présentant une pathologie respiratoire chronique ou cardiaque susceptible de décompensation. Trois vaccins sont disponibles (Abrysvo, Arexvy, mRESVIA), sans préférence officielle entre eux.
La fenêtre d’administration est strictement saisonnière :
- Vaccination recommandée entre septembre et janvier, pour couvrir la période de circulation du VRS
- Aucune indication en dehors de cette fenêtre, ce qui différencie le VRS des autres vaccins non saisonniers du calendrier
- Le ciblage par comorbidité (pathologie respiratoire ou cardiaque) ajoute un critère clinique que le médecin traitant doit évaluer individuellement
Cette structuration précise du calendrier VRS est absente de la plupart des documents grand public, qui mentionnent le virus sans détailler les critères d’éligibilité ni la saisonnalité.
Pneumocoque et coqueluche : deux vaccins dont la stratégie a évolué récemment

La stratégie vaccinale contre le pneumocoque a été actualisée par la HAS. Le schéma vaccinal ne repose plus sur une seule référence vaccinale : la HAS a actualisé la stratégie pour mieux protéger les populations à risque, en adaptant les séquences de vaccins conjugués et polyosidiques selon le profil du patient.
Pour les personnes de 65 ans et plus, la vaccination antipneumococcique vise à prévenir les pneumonies invasives, dont la mortalité augmente fortement avec l’âge et les comorbidités (diabète, insuffisance cardiaque, BPCO).
Le rappel diphtérie-tétanos-coqueluche (dTcaP) suit une logique différente. Le rappel tous les 10 ans s’applique sans limite d’âge, et les mises à jour récentes du calendrier vaccinal insistent sur la composante coqueluche. Ce recentrage s’explique par la résurgence de cas de coqueluche et par le rôle des grands-parents dans la transmission aux nourrissons non encore vaccinés.
- Le rappel dTcaP protège le senior lui-même contre le tétanos et la coqueluche
- Il participe aussi à la stratégie dite « cocoon » : en se vaccinant, les grands-parents réduisent le risque de transmission aux nouveau-nés de leur entourage
- Le respect du calendrier de rappel est souvent négligé après 65 ans, alors que la protection diminue progressivement entre deux injections
Le zona complète la liste. Le vaccin est recommandé à partir de 65 ans et fait désormais l’objet d’un remboursement, ce qui a levé un frein financier pour de nombreux patients.
La hiérarchisation de ces six vaccins dépend du profil individuel. Pour une personne de 65 ans sans comorbidité, grippe, Covid-19, zona et dTcaP constituent le socle. Le pneumocoque et le VRS deviennent prioritaires dès qu’une pathologie respiratoire ou cardiaque chronique entre en jeu. Le médecin traitant reste le point d’entrée pour adapter ce calendrier à chaque situation clinique.

